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Nuages, halos, arcs-en-ciel Hémisphère nord, latitudes tempérées
Nommer le ciel Atlas d'observation
Étage supérieur, de 5 à 13 km

Cirrus, cirrostratus, cirrocumulus

Trois nuages faits uniquement de cristaux de glace. Ils ne donnent jamais de pluie au sol, ne cachent presque rien du soleil, et ce sont pourtant eux qui parlent le plus du temps qu'il fera demain.

  • Trois genres sur dix
  • Abréviations Ci, Cs, Cc
  • Aucune précipitation au sol
Longues bandes de cirrus fibreux étirées par le vent d'altitude dans un ciel bleu pâle, sans aucune ombre propre
Cirrus fibratus : des filaments blancs, sans ombre, sans contour net. Le vent d'altitude les étire toujours dans le même sens.

À cette hauteur, l'air est trop froid pour que l'eau reste liquide : les trois genres de l'étage supérieur sont composés de cristaux de glace, et cela se voit. Ils sont blancs, translucides, dépourvus d'ombre propre, et ils avancent lentement en apparence alors que le vent qui les porte souffle souvent à plus de 100 km/h.

  • 5 à 13 kmHauteur de l'étage supérieur sous nos latitudes
  • 0Millimètre de pluie qu'ils déposent au sol
  • 22°Rayon du halo produit par le cirrostratus

Le cirrus : des filaments, jamais une nappe

Le cirrus se présente en filaments détachés, en bancs étroits ou en bandes blanches d'aspect soyeux. Il ne couvre jamais entièrement le ciel et laisse toujours du bleu autour de lui. Ses espèces les plus fréquentes se reconnaissent à leur silhouette :

  • fibratus : filaments rectilignes ou légèrement incurvés, sans crochet ni flocon au bout ;
  • uncinus : filaments terminés par un crochet, que la tradition appelle « queues de jument ». Le crochet est la trace des cristaux qui tombent et se font cisailler par un vent différent en dessous ;
  • spissatus : banc assez dense pour paraître gris quand on le regarde du côté du soleil ;
  • castellanus et floccus : petites tourelles ou petits flocons, signes d'instabilité à cette hauteur.

Un cirrus peut aussi être le reste d'un orage : lorsque l'enclume d'un cumulonimbus se détache et survit à la cellule qui l'a produite, on parle de cirrus cumulonimbogenitus. C'est le cas typique des ciels laiteux qui traînent le lendemain d'une nuit orageuse.

Le cirrostratus : le voile qui fabrique le halo

Le cirrostratus est un voile transparent, blanchâtre, d'aspect fibreux ou parfaitement lisse, qui peut couvrir le ciel entier. Il est si mince qu'on le remarque souvent grâce à un seul indice : l'anneau lumineux qui apparaît autour du soleil ou de la lune. Ce halo de 22 degrés de rayon est sa signature ; aucun autre genre de nuage ne le produit.

Deuxième repère, décisif quand le ciel est déjà bien voilé : sous un cirrostratus, les objets projettent encore une ombre au sol. Dès que l'ombre disparaît alors que le soleil reste visible comme derrière un verre dépoli, on est passé à l'altostratus, donc à l'étage moyen.

Un halo, c'est un cirrostratus. Une ombre portée nette sous un ciel laiteux, c'est encore un cirrostratus. Plus d'ombre du tout, c'est déjà autre chose. Repère d'observation
Voile laiteux de cirrostratus autour du soleil, avec un anneau de halo nettement visible et des ombres encore marquées au sol
Cirrostratus : le voile est si mince que seul le halo le trahit.
Banc de cirrocumulus formé de très petits granules blancs réguliers, sans aucune ombre, découpant un ciel bleu
Cirrocumulus : des granules de moins d'un degré, jamais ombrés.

Le cirrocumulus : le plus rare des trois

Le cirrocumulus se présente en bancs minces formés de très petits éléments, granules ou rides, souvent soudés entre eux. Deux conditions doivent être réunies pour le nommer : les éléments doivent mesurer moins de 1 degré de largeur apparente, et ils ne doivent porter aucune ombre. Si vous voyez la moindre nuance grise sur le bord des galets, il s'agit d'un altocumulus, un étage plus bas.

C'est le genre le plus rarement observé et le plus fugace : un banc de cirrocumulus se transforme souvent en cirrus ou en cirrostratus en moins d'une heure. Le ciel qu'on appelle « moutonné » ou « pommelé » est presque toujours un altocumulus, pas un cirrocumulus.

Départager les trois nuages de glace
Critère Cirrus Cirrocumulus Cirrostratus
Forme d'ensemble Filaments, bandes, crochets Bancs de granules ou de rides Voile uni ou fibreux
Taille des éléments Sans objet Moins de 1 degré Sans objet
Ombres propres Aucune Aucune Aucune
Halo Exceptionnel Non Oui, signature du genre
Étendue Partielle, du bleu tout autour Bancs isolés Souvent le ciel entier

La séquence qui annonce une perturbation

L'intérêt pratique de cet étage tient à un enchaînement que l'on peut suivre à l'œil nu. Quand un front chaud approche, la masse d'air chaud glisse au-dessus de l'air froid en place, et les nuages qui se forment sur ce plan incliné arrivent dans un ordre régulier :

  1. des cirrus, souvent en crochets, apparaissent à l'ouest ;
  2. ils s'épaississent en un voile de cirrostratus, et un halo se dessine ;
  3. le voile devient altostratus : le soleil se réduit à une tache floue, les ombres disparaissent ;
  4. l'altostratus s'abaisse et s'épaissit en nimbostratus : la pluie commence.

Entre la première et la dernière étape, il s'écoule généralement de douze à quarante-huit heures. Ce n'est pas une prévision, c'est une lecture : la séquence peut s'interrompre à n'importe quel stade si le front se désagrège ou passe à côté. Mais lorsqu'elle se déroule entièrement, elle donne un préavis fiable, et gratuit.

À retenir

Trois questions suffisent à trancher l'étage supérieur. Y a-t-il un halo ? C'est un cirrostratus. Voit-on des filaments détachés avec du bleu autour ? C'est un cirrus. Voit-on de très petits granules sans la moindre ombre ? C'est un cirrocumulus. Dans tous les autres cas, descendez d'un étage et regardez du côté des altocumulus et altostratus.

Traînées de condensation d'avions persistantes qui s'élargissent et se rejoignent en un voile de cirrus artificiel
Traînées persistantes qui s'élargissent : la classification les nomme cirrus homogenitus, c'est-à-dire nés d'une activité humaine.

Les nuages nés des avions, et ceux qui volent plus haut encore

Depuis l'édition 2017 de l'atlas international, les traînées de condensation qui persistent et s'élargissent portent un nom officiel : elles deviennent des cirrus homogenitus, littéralement des cirrus d'origine humaine. Lorsqu'un nuage naturel est complètement transformé par ces traînées, on parle de homomutatus. Une traînée qui se dissipe en quelques secondes, elle, ne compte pas comme un nuage : elle signale simplement un air sec à l'altitude de vol.

Au-dessus de la troposphère, quelques nuages échappent aux dix genres et sont classés à part. Les nuages nacrés se forment dans la stratosphère polaire, autour de 15 à 25 km, et brillent de couleurs irisées longtemps après le coucher du soleil en hiver. Les nuages noctulescents, ou noctiluques, se forment bien plus haut, vers 76 à 85 km, à la limite de l'espace ; on les voit en été, au crépuscule, sous forme de filaments d'un bleu électrique, principalement entre 50 et 70 degrés de latitude.

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